Éditorial de Décembre 2017

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Souhaitez-moi bonne route 

Dans une autre vie, j'espère pouvoir vivre en Alaska, protégée dans un igloo au milieu de mes huskys. Cette présente vie, j'espère pouvoir la terminer agréablement, blottie contre le poil doux d'un fidèle compagnon. Vous avez remarqué ? : La vie continue toujours, avec ou sans les êtres qui vous sont chers. C'est mieux « avec » que « sans ».

 

Mais en fait on n'a pas vraiment le choix, on prend ce qu'il y a, on fait avec ! On rentre à la maison, et la misère, d'un coup, vous tombe sur les épaules , et vous laisse transi: « C'est vrai, il n'est plus là, le fidèle compagnon des bons et des mauvais jours. On l'avait oublié, le temps d'un aller-retour. Le temps de rire un peu, de s'agiter, de se rendre utile, de spéculer, de tenir le volant, de chercher son chemin tout au long des nuits trop longues de décembre. Et voilà que brutalement, chaque fois que vous rentrez au bercail , brusquement l'évidence vous accable : il n'est plus là, le fidèle compagnon. Plus jamais, il ne viendra vous déranger, devant l'ordi, lorsque vous vous livrez à une composition de votre cru, toute en finesse, et que vous le souhaitez aux cent mille diables. Il est parti aux cent mille diable. Effectivement. Ou ailleurs. A quelque part. Il nous plaît de penser que c'est « à quelque part ». Trop moche de penser que ce soit « nulle part » !

 

Je vais me rendre demain dans les Vosges, pour y choisir mon nouveau compagnon de route. Si Dieu le veut. Si ma Partner ne dérape pas sur le verglas, et ne se coince dans aucune ornière. Depuis que ma bonne bête m'a quittée, trop jeune, trop tôt, affligée d'un mal brutal et qui ne pardonnait pas, je passe mon temps à l'oublier, entre deux allers-retours en voiture. Je serais presque heureuse. Si je ne rentrais jamais chez moi, si jamais je n'avais à franchir le seuil de la porte, derrière laquelle m'attend...A votre avis, qu'est-ce qui m'attend derrière la porte !? Eh bien, le vide. Un certain vide. Parfois, je le cherche du regard, par automatisme. Pendant une fraction de seconde,  je me retourne, pour éviter de l'avoir, une fois de plus,  dans les pattes, au mauvais moment. L'emmerdant de service. L'obstiné du dérangement au mauvais moment. Lui ai-je crié après, au lascar, entre deux promenades, pendant lesquelles il me faisait geler, piétinant, pendant qu'il flairait« les bonnes odeurs », censées imprégner toutes les bases des réverbères, et le dense fouillis d'un feuillage obstinément persistant.

 

Sacré lascar ! A la clinique vétérinaire, j'eus droit de le voir, une dernière fois, dans l'intimité. Juste moi, et juste lui. Alors je soulevais la couverture, et je le vis, les oreilles dressées, son beau regard ouvert sur l'inconnu. Tout bas, je criais, en pleurant : « je t'aime – je t'aime - Tellement. » On ne dit jamais assez que l'on aime. Ou toujours trop.

 

Il était si malin. Il le savait bien, que je l'aimais, en faisant la grosse voix, à tout bout de champ !

 

Demain, je me rends dans les Vosges, pour commander mon nouveau bébé. Les psy diraient : « Cela se nomme : le transfert ». ( Le transfert d'amour ). J'y crois tout à fait. C'est obligé. Nous sommes faits pour vivre, donc pour agir efficacement. Et la rumination est le contraire de l'efficacité.

 

Je l'ai vu en photo, déjà, mon bébé. Il est tout petit, mais très trapu. Que deux mois. A peine sevré. Ah non, je ne vais pas le séparer de sa maman, et de ses frères et sœurs, si vite, et sans précautions, pour l'amener ici, et le laisser attendre, des heures durant, jour après jour, que je revienne de mes « expéditions » ! Je vais juste donner « le feu vert », pour qu'il m'appartienne vraiment. Et lorsqu'il sera un peu plus grand, et qu'il fera un peu meilleur dehors, j'irai le chercher, pour de vrai. Il se prénomme Nadal. (ou Naula). Il s'agit d'un Beauceron Arlequin. Entre Nadal et Naula, mon cœur balance. C'est pourquoi il faut que j'aille choisir de visu ! Ce sera mon cadeau de Noël.

  Souhaitez-moi bonne route !

                                 Simone

 

PS : Photo de gauche : NADAL – Photo de droite : NAULA

Il s'agit de deux mâles.  Nadal est l'aîné, à 10 jours près. Il ne s'agit pas de la même maman. Je ne peux quand même pas les adopter tous les deux... (!?)

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