Zoufftgen est-elle menacée?

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LES « DECHETS INERTES » - PROJET DE DEPÔT A ZOUFFTGEN

 

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Notre petite commune de Zoufftgen était trop bucolique. Au rythme où la pollution progressait dans tous les coins du monde, inutile de rêver à un petit coin idéalement et éternellement préservé de l'agression ambiante. Parfois les gens me demandaient, un brin perfides : »et le train ? Pas trop dérangeant ? » Je ne l'entendait quasiment pas...(plus?) Le bruit ? On l'entendait cent fois plus fort dans le quartier résidentiel beaucoup plus loin situé, et un peu plus en hauteur. « Les camions, je rétorquais, font bien davantage de bruit...et de poussière ! »

 

Mais si peu de camions passaient par Zoufftgen. Dans quelque temps, ce ne serait plus vrai...jour et nuit, été comme hiver, le BTP bosse, et les déchets allaient transiter, pour peu que Mr le Préfet en accordât la permission, affluant un peu de tous côtés, pour finir par se coincer dans le chemin vicinal, en entonnoir, qui leur permettrait d'accéder à ce fameux dépôt, derrière le pont, à quelques mètres de l'autoroute. Sur combien d'hectares ? Sur quelle hauteur ?

Quel tonnage journalier ? Quelles matières !? Ah, oui, gros point d'interrogation : quelles matières !? Ah, j'avais parcouru Google à l'endroit et à l'envers... Ce terme de « déchets INERTES » m'interpellait... « inerte », cela signifiait que dans ces déchets ne figurerait aucune matière chimiquement dégradable... Etait-ce si rassurant que cela !?

 

Pas vraiment...Imaginez ce fameux plastique, si pratique. Oh, il y a des tas de plastiques différents... polychlorure de vynile...polyuréthane...polyester... et j'en passe... on va s'abstenir du cours de chimie :  toutes ces matières si pratiques lorsqu'on veut en faire des moulages, avec tant de belles qualités, et l'énorme défaut de ne jamais vouloir disparaître (sauf les « plastiques biodégradables...et pas trop vite, encore... et pas les plus nombreux non plus... ) Toutes ces matières qui s'accumulent pour former des îlôts à quelque part dans les océans (cela effraye...heureusement, c'est loin de Zoufftgen...) Eh bien tantôt, il y en aura aussi peut-être, à Zoufftgen. Oh là, normalement, je l'ai lu, cela devrait être interdit pas la loi – aha !! « le plastique des volets et des fenêtres », que l'on arrache,  doit être placé dans des camions spéciaux, qui iront à droite, vers le dépôt autorisant le plastique, pendant que les autres camions iront à gauche, vers le « dépôt autorisé de déchets inertes »  . Croyons-le. Sans confiance et sans croyances, l'homme vit sans espoir, donc sans joie !

 

Pourtant, même en se forçant très fort, personne, évidemment, ne va parvenir à croire que, dans le bâtiment, il n'y a que des pierres (inoffensives – admettons-le – pour l'environnement) – ET du plastique, « trop inerte pour être honnête » (et pour faire rimer!) Alors, du plâtre !? Eh bien, le plâtre, de par la loi, est aussi interdit dans ces dépôts, car, lui, il n'est pas assez inerte : il dégage, mouillé, de l'acide sulfurique, polluant les nappes phréatiques. Mettre le plâtre dans les mêmes camions que le plastique, direction déchetterie autorisée et les pierres dans l'autre ? Rêve ou réalité ? Il ne faudrait pas oublier les planchers, cuisines intégrées, et panneaux muraux, en agglomérés de poussières de bois – ah, enfin – une « bonne matière – le bois – hélas...d'abord le bois n'est pas un déchet inerte, donc d'après la loi, il ne doit pas faire partie de ces déchets. Mais ce qu'on sait moins, c'est que les liants pour former ces agglomérés, sont à base de formol et dégagent – lentement -  mais sûrement - des vapeurs nocives – lesquelles donnent à certains locaux tout neufs et tout beaux cette odeur un peu âcre si caractéristique, justement (oublions ici, les différentes allergies provoquées, suffisantes pour faire le thème d'une autre « causerie »!)

 

Alors, dans quels camions placer ces agglomérés, interdits dans les dépôts de déchets inertes ! Celui de droite ou de gauche ?

 

Alors, à part la bonne vieille pierre, et le plastique, avec les bien encombrants défauts de ses excellentes qualités – lequel n'a, de par la loi (actuelle) pas le droit d'être placé dans le même camion que la pierre, oui, à part cela, et à part les agglomérés, à l'insidieux dégagement de formol, et pas non plus autorisés à être mis « dans le même camion », alors, ce fameux camion, bien obéissant (on va lui accorder cette qualité, cela va nous rassurer un brin...) il pourrait transporter quoi encore !?

 

De l'amiante !? Ah non ! Ça, sûr, c'est défendu formellement ! Enfin, en théorie, le camion prévu pour « la pierre » n'en transportera pas ! L'amiante, et les plaques de ciment-amiante( anciennement éternit), seront placées...ailleurs ! C'est la loi ! Donc ce sera respecté. Et afin d'éviter les abus, ce sera contrôlé...par qui et quand ? Ah ça, moi, en tant que non-initiée, je ne peux pas y répondre ! Mais croyons-le ! C'est l'espoir qui fait vivre !

 

Alors, ce camion, il transportera quoi, à côté de la bonne vieille pierre ? De l'amiante, interdite, du bois simple, mais non inerte, des agglomérés dégageurs de formol dont on ne sait pas trop s'ils sont assez inertes pour être suffisamment inoffensifs, et du plâtre, absent, en théorie, et dégageur de souffre ? Ah, enfin, j'ai trouvé!! Notre bonne vieille pierre ne s'ennuira pas, seulette, des tonnes et des tonnes, et kilomètres cubes de laine de verre et de roches, les soi-disant point trop offensives soeurettes de notre reconnue, désastreusement cancéri- ou cancérogènes amiante (je ne vois pas ce que « ri » ou « ro » y changent, d'ailleurs!) vont, normalement en toute impunité, tenir compagnie à nos esseulées. Et quand on sait que ces matériaux inondent à présent le marché et s'entassent, dans les zones industrielles et commerciales, en attendant de rembourrer confortablement nos maisons, de l'intérieur, pour les isoler, de l'extérieur, grâce à leurs excellentes qualité d'isolation thermiques et acoustiques, mais qu'il convient de les changer au bout de 20 ou trente ans d'usage, car elles se tassent, et perdent leurs belles qualités pour lesquelles elles ont été conçues, on comprend tout à fait que dans les camions évacuateurs, ces matériaux, plus ou moins hors d'usage, vont se retrouver par tonnes (malgré leur relative légèreté) et par kilomètres cubes, vu leur énorme volume. Alors, pourquoi pas, puisqu'ils ne semblent pas interdits – hihi !?

 

Consultez internet, svp...Google ou autres moteurs de recherche. Il n'y a pas que du porno et de la pub sur internet, et vous comprendrez que ces matériaux, tant prisés, sont très loin d'être anodins ! Que certains ont été reconnus cancérigènes par des chercheurs indépendants, que, à l'heure présente, l'organisme officiel, en France les classe dans « matériaux dont la cancérogénicité ne peut être déterminée ». Auparavant, ils étaient classés comme « cancérigènes possibles ». Mais ce dernier terme fait un peu peur, n'est-ce pas. Mieux valait le dire avec des fleurs... « ne peut être déterminé», ça rassure !

 

A quoi peut être lié, dans une fibre (à part le fait qu'elle pourrait être chiniquement toxique) sa faculté cancérigène ? Plus un couteau est de métal dur, et bien affuté, plus il coupe...Plus une fibre est dure et mince, plus elle est susceptible de déchiqueter nos frêles cellules. Les fibres courtes sont moins dangereuses que les plus longues, car elles peuvent être plus facilement enrobées, donc neutralisés, par « nos cellules-soldats ». Les fibres, microscopiques, vont totalement perturber notre milieu intérieur, fragile, et non armé contre ces envahisseuses. Le corps va réagir en fabriquant des « fibroses » , qui seront des sortes d'isolants organiques pour empêcher des organes d'être trop lourdement atteints par l'insidieux et imparable attaquant. Le spectre du cancer fait oublier que de nombreuses autres maladies peuvent résulter de l'attaque de matériaux « pas fatalement cancérigènes ». Le contact avec les laines minérales (laine de roche, de verre, etc.) est dans tous les cas fort pernicieux et nécessite des protections. Ce matériau, lorsqu'il est vieux, (celui, donc, évacué sur un dépôt de « déchets inertes ») se disperse dans le sol et dans l'atmosphère beaucoup plus facilement que le matériau frais.

 

J'aimais assez passer sur ce fameux pont, enjambant l'autoroute A 31, en compagnie de mon chien. Vers le soir, souvent, quelques promeneurs y font courir leur bête, contente de se défouler un brin. Nous y respirons – encore – le bon air de campagne, et le fumier déposé en tas, à certains endroits, par quelque agriculteur, dégage la senteur que l'on sait. Forte. Prenante. Mais rassurante. Près de l'A 31, on se dit : »Ah ! Le temps de l'enjamber, sur 30 mètres, ce n'est plus la campagne. » Mais ne sommes pas heureux, ainsi, de disposer de ces 2 bienfaits : le progrès et la belle nature, ensemble ? Et le bonheur de marcher, parfois, au lieu de rouler ? D'aller de Zoufftgen, à Kanfen, dans des sentiers herbeux ? Et de respirer ? Avec de bons poumons. Pas abimés !

 

 

Pour combien de temps, encore !?

 

La Présidente de l'Association Cancer-Espoir

de Zoufftgen

Ecrit le 28 août 2015

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