Recettes pour vivre bien (et longtemps, si possible)

Cela avait pris un certain temps avant que mon éducation corporelle ne se mette en place...Auparavant, j'avais été affligée de différentes déformations dont je n'avais pas la moindre conscience.  Cela commença par une lordose, dont je ne me rendis compte que des années plus tard, en contemplant une ancienne photo. Probablement provoquée par un rachitisme induit par une sousalimentation d'après -guerre. De longues années plus tard (j'avais alors 36 ans), je crus, en me contemplant dans la psyché, avoir fait une erreur de coupe sur la belle chasuble rouge que je m'étais fait un plaisir de me confectionner : l'épaule droite baillait, par rapport à la gauche. Je remesurai, recalculai, rien à faire, la chasuble avait été parfaitement coupée. Et c'est là que, me contemplant dans le miroir, avec un certain effarement, je constatai que mon épaule gauche était plus haute que la droite – un décalage d'environ 2 cm, c'était fort fâcheux. Replacer cette épaule en alignement avec l'autre nécessitait un réel effort, et surtout de penser à maintenir l'effort constamment. Une radio détermina que mon squelette n'était pas déformé, à ce niveau. Il s'agissait simplement d'une mauvaise posture, bien ancrée dans mes habitudes de vie. Au départ, cela ne m'inquiéta qu'à moitié. De temps à autre, je songeais à corriger la posture. Mais dès que je rencontrais un miroir, il me renvoyait l'image d'une personne qui se tient mal. Ce mauvais maintien n'eut de conséquences que quelques années plus tard, lorsque l'idée me piqua de choisir le patinage comme sport préféré. Au départ, je fonçais dans le tas, les jambes écartées, les pieds « en-dedans ». La tête regardant les pieds. Incapable de me tenir sur un seul pied plus longtemps qu'une seconde. Petit à petit, l'idée me prit de faire mieux que de foncer dans le tas, j'admirais tant toutes ces gracieuses filles du club artistique qui faisaient à peu près n'importe quoi de leur corps, avec une aisance époustouflante.Le chemin fut long – très long, jusqu'au jour où je réussis sur une longueur de piste mes changements de carre en marche avant et marche arrière sur un pied. Pendant tout ce temps, mon épaule me donna du fil à retordre. Surtout, elle empêchait la maîtrise de belles rotations mettant en jeu l'épaule gauche. L'éducation de la gestuelle, du positionnement de chaque partie du corps, orteils y compris: dompter les mauvais réflexes – en acquérir de nouveaux, utiles, ceux-là, pour le but poursuivi – apprendre à se laisser tomber – à diriger sa chute – le port de la tête – la direction du regard – à répéter, inlassable, des milliers de fois, les mêmes pas de danse sur des parcours complexes, tout cela me permis d'accumuler un capital de souplesse...inestimable.

A trente cinq ans, j'avais une démarche de charretier. A présent, octogénaire, j'ai, pour peu que je m'applique un peu – une démarche de danseuse.

 

Quelques trucs pour vous tenir en forme , en travaillant votre souplesse

Le corps doit bouger à tous les niveaux articulaires.

Néanmoins, ne jamais faire ceci :

 -démarrer sec sans échauffement préalable et vouloir forcer la rapidité du mouvement dès le départ.

-si vous avez une douleur qui apparaît régulièrement  pendant certains types de mouvements, ne forcez pas beaucoup. Forcez juste un peu, et si la douleur ne disparaît pas, allez consulter.

  • se méfier de mouvements intempestifs faisant intervenir la colonne vertébrale, aussi bien dans les courbures en avant, que surtout dans les courbures vers l'arrière, et les rotations du tronc. Déjà parce que le cisaillement, au niveau d'hernies discales plus ou moins latentes et ignorées, peut entraîner plus que quelques désagréments. Sans parler de vertiges entraînés par une tête changeant trop vite de position.
  • Que faire et comment faire !?

Je m'adresse ici aux séniors...

Il faut un courage extrême, à partir d'un certain âge, pour se forcer à se placer devant un miroir pour 10 minutes voire un quart d'heure d'exercices de souplesse quand on n'a pas de coach sous la main. Pourtant, après cela, on est toujours quelqu'un d'autre . Qui voit la bouteille à moitié pleine, alors qu'avant la séance, cette même bouteille était pour le moins à moitié vide !

  • Faire des mouvements si possible amples et lents. Il ne s'agit pas de compétitions de vitesse...sauf pour les échauffements où de petits mouvements rapides sont utiles, le mouvement rapide incite à le faire « en trichant », et en rognant sur l'amplitude.
  • Se rappeler que toutes les articulations doivent bouger, et que dans la vie courante, certaines sont trop sollicitées, et d'autres pas assez.
  • Votre plan de travail peut être le suivant : s'occuper des élongations :vertèbres et pieds..., puis des bras, puis des jambes.
  • Les vertèbres : les élongations
  • Un travail facile et très utile : baisser fortement vos épaules, sortez complètement votre cou « de dehors vos épaules », tirez votre cou en l'air, ATTENTION, le menton ne doit pas se relever...si vous n'avez pas mal au ventre, appuyez des 2 mains jointes sur votre ventre, de façon à faire ressortir votre poitrine – tenez en prononçant le mot « len-te-ment », dix fois (environ 10 secondes si vous n'avez pas avalé la moitié du mot...), et relâchez. Cela doit vous faire du bien lorsque vous stoppez.  Sinon, c'était mal fait. Recommencez au moins 5 fois, mais cette fois en tournant très lentement la tête à droite puis à gauche, toujours en appuyant assez fort vos mains sur votre ventre, en vous grandissant autant que vos forces vous le permettent. Ce mouvement se fait normalement debout, mais peut très bien se faire assis (en chaise roulante p.ex.) Ceci est un mouvement d'élongation, qui redonne la bonne courbure à votre colonne. Dans un miroir, vous allez voir que vous avez réussi à vous grandir d'au moins 2 cm. En plus, non seulement cela fait du bien quand on s'arrête, mais aussi pendant le mouvement, on commence à prendre conscience que toutes les vertèbres bougent, d'une façon qui ne leur est pas habituelle , et, on pourrait dire, « sont contentes » ! Elles travaillent ! Et d'une façon inoffensive pour une partie du corps qui souvent pose beaucoup de problèmes !
  • Un autre travail utile : dans l'embrasure d'une porte ouverte, tenez l'encadrement à droite et à gauche, puis placez-vous sur la pointe des pieds, et essayez de toucher le haut du chambranle, avec les 2 mains, le plus haut possible. Tenez une seconde, et recommencez au moins 6 fois. La pointe du pied doit absolument se muscler.
  • Musclons nos pieds et mollets : Ce mouvement est facile à faire quand on l'a bien compris...Il s'agit de « marcher » sur place, en prenant appui, en alternant, sur la pointe de chaque pied...donc tour à tour, votre corps doit se surélever et se rabaisser d'environ 5 cm...Il ne s'agit pas de piétiner sur place, mais de se surélever, par la force du pied et du mollet, en alternant. On peut faire ainsi 100 « pas » - en surplace - pour commencer, et avec de l'entraînement beaucoup plus. Cela donne beaucoup de force à l'avant pied. Et une souplesse de la cheville. Observez la démarche des gens. Vous remarquez que souvent, hélas, à partir d'un certain âge, les gens ne savent plus marcher, car ils n'utilisent pas (plus?) le potentiel de l'avant-pied. Cela va leur donner le pied plat, tôt ou tard...Et une cheville fragile. Inversement, un talon de plus de 5 cm de dénivellation est traumatisant pour le pied, pour le genou, et pour la colonne...à éviter...
  • Voyez le schéma correspondant à l'exercice ci-dessus en fin de texte...

 

2è partie :

Entretenir la souplesse des bras et des jambes d'une façon systématique

 Le thème sera abordé dans la prochaine causerie.

 

Tante yvonne forme image

Commentaires (1)

André
Merci pour tes précisions .Je vais essayer demain matin.
Si je fais un dessin avec le logiciel que j'ai téléchargé ,comment faire pour le transférer sur mon site.
André

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