Tante Yvonne se présente

Bonjour à tous et à toutes

 

Oui, c'est moi, la rétive aux nouvelles méthodes...à qui « on n'en fait pas trop accroire » ! Bon, j'veux bien parler le langage moderne, dire « cool » et « OK », tant que vous voulez, mais le « OK d'accord », ce sera seulement pour faire comme tout le monde, le temps d'un soupir. A part ça, ne comptez pas sur mes anglicismes (nuls), et sur un latin que je préfère laisser aux initiés prêtres ou médecins – et – ne l'oublions pas – aux pièces de Molière – car – l'auriez-vous remarqué...euh...seriez-vous perspicaces... ? - j'ai un peu d'instruction, malgré mon chapeau à l'ancienne mode.

 

Donc, cette rubrique est prévue par moi pour vous parler librement, dans mon langage à moi – et je parie qu'il vous sera accessible – de préférence de choses concernant la santé – mais pas forcément non plus que de cela – car je déteste les robes trop étroites et les carcans de toutes les sortes -  Oh, je sais, il y en a qui vont penser qu'une bonne femme de mon âge (un très grand âge...je suis née en...ben devinez un peu...), qui n'a pas usé sa culotte à dentelle sur les bancs de l'amphi ni dans les couloirs blancs des hôpitaux pendant au moins une décennie - ne peut pas savoir grand chose du maintien en forme et de la santé des gens...n'ayant pas été initiée à cela par quelque célèbre mandarin reconnu d'utilité publique.

 

Mais tout de même, je revendique mes titres de noblesse : outre la petite voilette dont j'orne mon chapeau le dimanche, dans ma vie, j'ai souffert – bof – vous n'allez pas me croire – de la faim et de la soif – et du froid – j'ai eu des engelures – souvent, pendant certains hivers – et l'estomac dans les talons, à l'époque où les Mac Donald et les pizzas n'existaient pas encore, et où on économisait les croûtes de pain, afin d'en faire de bons gâteaux lorsqu'on avait un peu d'argent pour acheter une demi-douzaine d'oeufs.

 

Et puis j'ai dû beaucoup réfléchir pour survivre, et me faire une toute petite place à l'ombre de quelques sapins, entre une voie de chemin de fer, et le bruit des camions qui passent, heureusement, pas trop près de mon chez moi – pour quelque temps encore – j'ose l'espérer, du moins.

 

Et puis j'ai dû beaucoup réfléchir pour faire survivre, de longues années, celui que j'aimais le plus au monde. Et qui a fini quand même par me quitter « pour un monde meilleur » - car ici-bas – comme chacun sait – rien n'est éternel. Et c'est pendant tout ce temps, de longue réfléxion obligée, que j'ai fait mes armes, confrontée à l'urgence,, aux idées préfabriquées des uns, aux tourbillons du vent et des aléas de la vie, me dépatouillant à l'aide, parfois, d'une main amie, ou sans aide, essayant de trier le vrai du faux, l'utile du nuisible, jusqu'au jour d'aujourd'hui, où je me trouve-là en train de tapoter sur l'ordi (parce qu'il faut se faire à tout...même à ça!!)

 

Alors, vous comprenez, quand, parfois, dans les journaux, ou dans la rue, ou par la bouche de gens bien intentionnés, ou même cultivés, ou même ayant parcouru les couloirs des hôpitaux quelques années durant, j'entends dire, d'un ton péremptoire :

 

« Pour bien vous porter, faites ci et pas ça », bon, j'admets, ça peut être utile. Tous, ici-bas, nous avons besoin de meneurs pour nous amener à bon port. Regardez les oies sauvages qui nous quittent en automne : Il y a « le chef oie », en premier, au milieu, et les « adjointes », un peu en arrière, à droite et à gauche.

Sans elles, la nuée s'égarerait, s'étiolerait, se disperserait.

 

Mais supposons à présent une vieille oie solitaire, sur sa petite île, à qui « le chef oie » dirait en passant « allez, Madame l'oie solitaire, on vous embarque pour les Baléares...suivez-nous donc ! »

 

Eh bien, la vieille oie répondrait, avec beaucoup de philosophie et un brin de sarcasme :

 

« mes jeunets, amusez-vous. J'ai payé. Plus que vous ne pouvez savoir. J'ai passé aux Baléares avant vous, et encore un peu ailleurs, où vous n'étiez pas. Alors, Mr le Chef, passez votre chemin, et laissez la vieille oie à ses souvenirs et à sa conception des choses.

 

Bonne route ! »

 

Sur ce : bonne lecture !

 

Tante Yvonne

 

 

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